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Gratification de stage 2026

Gratification de stage 2026 : Guide et calcul

Accueillir un stagiaire au sein de son entreprise implique de respecter un cadre légal strict, notamment en matière de compensation financière. En 2026, la réglementation a évolué avec la revalorisation du Plafond de la Sécurité Sociale, impactant directement le montant de l'indemnité à verser.

Cet article vous détaille de manière exhaustive les règles en vigueur en 2026 pour calculer et verser la gratification de stage en toute conformité, tout en optimisant vos cotisations sociales.

Quand la gratification de stage est-elle obligatoire ?

Contrairement à un salarié, un stagiaire ne perçoit pas un salaire, mais une gratification (ou indemnité). Toutefois, cette compensation financière n'est pas systématique pour les stages de courte durée.

La loi impose le versement d'une gratification si la durée du stage au sein du même organisme d'accueil (entreprise, association, administration) dépasse l'un des seuils suivants au cours de la même année d'enseignement :

  • 2 mois consécutifs.
  • 44 jours de présence effective (sur la base de 7 heures par jour).
  • 309 heures de stage (dans le cas d'un stage discontinu ou à temps partiel).

Important : Si le stage dure moins de 2 mois, la gratification est facultative. L'employeur est libre de verser une somme de son choix, sous réserve du plafond d'exonération social.

Quel est le montant minimum légal en 2026 ?

Le montant minimum de la gratification est indexé sur le Plafond Horaire de la Sécurité Sociale (PHSS), qui est réévalué chaque année au 1er janvier. La loi fixe cette indemnité minimale à 15 % du PHSS.

Le taux horaire applicable en 2026
Pour l'année 2026, l'arrêté du 22 décembre 2025 a fixé le Plafond Horaire de la Sécurité Sociale à 30 €.

  • Calcul légal : 30 € x 15 % = 4,50 €
  • Taux horaire minimum en 2026 : 4,50 € par heure de présence effective.

Pour un stagiaire à temps plein (7 heures par jour, soit généralement 154 heures par mois), la gratification minimale s'élève donc à 693,00 € par mois (154 heures x 4,50 €).

Vérifiez toujours votre convention collective
À défaut de disposition contraire, c'est le minimum légal de 4,50 €/heure qui s'applique. Cependant, de nombreuses conventions collectives ou accords de branche (par exemple, dans l'industrie pharmaceutique ou la métallurgie) prévoient des montants plus favorables. L'employeur est tenu d'appliquer le barème le plus avantageux pour le stagiaire.

Comment calculer et verser la gratification ?

Méthode A : Le versement au réel

L'entreprise paie le stagiaire chaque mois en fonction du nombre d'heures réellement effectuées. Ce montant variera selon les mois (les jours fériés non travaillés et les absences ne sont pas indemnisés).

Méthode B : Le versement par lissage

L'entreprise calcule le nombre total d'heures prévues sur toute la durée du stage, calcule la gratification totale, puis la divise par le nombre de mois pour verser une somme identique chaque mois.

Tableau comparatif (Exemple pour un stage de 3 mois début 2026)

Période (2026)Heures réaliséesOption A : Au réel (Heures x 4,50 €)Option B : Lissage mensuel

Janvier

147 h (21 jours)

661,50 €

661,50 €

Février

140 h (20 jours)

630,00 €

661,50 €

Mars

154 h (22 jours)

693,00 €

661,50 €

Total

441 heures

1 984,50 €

1 984,50 €

Note : Si le stage est interrompu prématurément, un réajustement basé sur les heures réellement effectuées doit être réalisé lors du solde de tout compte.

Cotisations sociales (Urssaf) et fiscalité

L'un des avantages du statut de stagiaire pour une entreprise réside dans l'exonération des charges sociales, sous certaines limites.

La franchise de cotisations Urssaf
La gratification est totalement exonérée de charges sociales (patronales et salariales) tant qu'elle ne dépasse pas le taux minimum légal de 4,50 € par heure en 2026.

Si vous décidez de verser une gratification supérieure à ce minimum (par exemple 6 € par heure), seule la fraction excédentaire (soit 1,50 € par heure) sera soumise aux cotisations sociales classiques de l'entreprise.

Fiscalité pour le stagiaire
Les indemnités de stage sont exonérées d'impôt sur le revenu, dans la limite du montant annuel du SMIC (soit environ 21 621 € en 2025/2026). Le stagiaire n'a donc pas à déclarer ces revenus s'ils restent sous ce plafond.

Vos questions fréquentes sur les stages

  • Un stagiaire a-t-il droit aux tickets restaurant et au transport ?

    Oui. Le stagiaire bénéficie des mêmes droits que les salariés de l'entreprise concernant l'accès au restaurant d'entreprise ou l'octroi de titres-restaurant. De même, l'employeur a l'obligation de prendre en charge 50 % de ses frais de transports publics (abonnement).

  • Le stagiaire cumule-t-il des congés payés ?

    La loi n'impose pas la rémunération des congés pour un stage de moins de 6 mois. Toutefois, pour les stages d'une durée supérieure à 2 mois, la convention de stage doit prévoir la possibilité de prendre des jours de congés ou d'autorisations d'absence. Leur indemnisation est à la discrétion de l'employeur.

  • Que se passe-t-il si le stagiaire est absent (maladie, convenance personnelle) ?

    La gratification est calculée au prorata du temps de présence. Sauf disposition conventionnelle plus favorable, les jours d'absence n'ont pas à être rémunérés et sont déduits de l'indemnité de fin de mois.

  • Un stage de 2 mois pile doit-il être obligatoirement rémunéré ?

    Non. L'obligation légale de verser une gratification s'applique lorsque la durée du stage est supérieure à 2 mois (soit à partir du 1er jour du 3ème mois), ou à partir de 44 jours de présence, ou encore 309 heures. Pour un stage de 2 mois stricts (ou moins), la gratification reste facultative.

  • Peut-on parler de "salaire" ou de "SMIC" pour un stagiaire ?

    Non, le terme "salaire" est juridiquement inexact car un stagiaire n'est pas lié par un contrat de travail mais par une convention de stage tripartite. On parle exclusivement de "gratification" ou "d'indemnité". Par conséquent, un stagiaire ne touche pas le SMIC, mais un pourcentage du Plafond Horaire de la Sécurité Sociale (15 % minimum).

  • Un stagiaire a-t-il droit aux primes (13ème mois, prime de vacances) ?

    Non. N'ayant pas le statut de salarié, le stagiaire est exclu des dispositions relatives au 13ème mois, aux primes d'intéressement, de participation ou de vacances prévues pour les salariés, sauf si la convention collective de l'entreprise ou un accord de branche le prévoit explicitement pour les stagiaires.

  • La gratification est-elle maintenue si le stagiaire est en télétravail ?

    Oui. Les heures de télétravail sont considérées comme des heures de présence effective. Le stagiaire a d'ailleurs les mêmes droits que les salariés concernant le matériel informatique fourni et l'accès éventuel à une indemnité forfaitaire de télétravail, si celle-ci est en place dans l'entreprise.

  • Comment sont comptabilisés les jours fériés ?

    Si le stagiaire est absent lors d'un jour férié, ce jour n'est pas considéré comme un jour de présence effective. Par conséquent, il n'y a pas d'obligation légale de rémunérer ce jour férié, sauf disposition plus favorable de la convention collective ou accord de l'employeur.

  • Que risque l'employeur s'il ne verse pas la gratification légale ?

    Le non-respect de la législation sur l'indemnisation des stagiaires expose l'employeur à un redressement de l'Urssaf (requalification de la gratification en salaire avec paiement des cotisations sociales correspondantes) et à des sanctions de l'Inspection du travail, pouvant aller jusqu'à une amende administrative de 2 000 € par stagiaire concerné (4 000 € en cas de récidive).

  • Faut-il délivrer une fiche de paie au stagiaire ?

    Oui, il est fortement recommandé (et exigé par l'Urssaf en cas de contrôle) d'établir un document récapitulatif mensuel, souvent assimilé à un bulletin de gratification. Celui-ci doit mentionner le nombre d'heures effectuées, le taux horaire appliqué, et la somme totale versée.